VOUS ÊTES LE PAYSAGE! Présentation & protocole de chaque Portrait | Paysage

VOUS ÊTES LE PAYSAGE!
Présentation du protocole de la collection “Portrait | Paysage”

 

Vous êtes le paysage! est un projet artistique qui propose d’explorer la notion de présence humaine en formulant la relation entre image poétique et espace physique. Ce projet est constitué d’une série – à ce jour illimitée – de textes regroupés sous le nom de Portrait | Paysage, ensemble que j’envisage comme une collection.

Chaque Portrait | Paysage fait l’objet d’une publication et peut donner lieu à une exposition, à une lecture, ou tout autre forme de prolongement ou déploiement du travail initial.

 

Protocole du Portrait | Paysage

 

  • Rencontre
  • Définition d’un réseau d’objets (ou figures) et d’espaces (ou paysages)
  • Formulation du réseau de relations entre ces objets et ces espaces
  • Écriture d’un texte
  • Collaboration éventuelle pour la production d’autres formes
  • Publication / Exposition

 

A partir d’une rencontre et des échanges qui suivent (conversations, échanges d’objets, voyages, lectures, etc.), je définis un ensemble d’objets et d’espaces. Des objets concrets dans un espace physique, géographique, et des objets plus abstraits dans un champ plus conceptuel, psychologique, social, politique, mythologique ou poétique.

 

Ces objets sont le fruit de mes propres perceptions qu’il s’agit de clarifier ou de ramifier selon la nature de la rencontre et des échanges. Puis vient le premier temps d’interprétation et de formulation des relations entre ces objets et ces espaces. Ce travail passe essentiellement par l’écriture et la recherche d’images poétiques, autrement dit des images mentales, capables de produire une synthèse métaphorique des relations perçues au préalable.

 

Je produis ainsi un texte, qui n’est pas nécessairement agencé pour correspondre à un genre littéraire existant. Ce texte est le point de départ pour l’étape qui suit, qui correspond au passage de l’image poétique à la production de formes concrètes. Ce moment du projet marque un deuxième temps d’interprétation et de formulation, il se déroule en collaboration pour favoriser la production effective des formes (artistes pour une exposition, artisans pour la fabrication d’objets, réalisateurs pour la production d’un film, ainsi de suite selon la nature du projet).

Dans tous les cas, il s’agit de trouver les formes adéquates à l’expression d’une présence, non pas le portrait intemporel d’un individu, ni son portrait psychologique, mais plutôt son extériorité, sa façon de faire paysage, au moment de la rencontre.

 

 

Julien Carrasco, Paris, Juin 2017.

La définition permanente

Je m’amuse à reprendre ici le fil du projet Portrait|Paysage, tentative donquichottesque comme je les aime profondément. Il aurait été plus malin d’inventer une série de fictions imbriquées dans un grand récit rocambolesque. A cela, je veux encore croire qu’il est possible de produire des formes jouant avec un hiératisme désuet tout en gagnant en efficacité sémantique. Un “macronisme” diront les journaux, un sérieux regrettable diront les plus malins.  Dans le ridicule sans conséquence que j’entretiens à recommencer la présentation de ce projet, il n’est pas exclu de sourire pour mieux travailler : l’objectif est de proposer les formes de notre relation au monde, via les formes relatives et provisoires suggérées par des échanges interpersonnels. Cela n’a pas changé.

Je suis conforté dans cette démarche par la lecture d’un ouvrage de référence de la collection “Politique éclatée” du PUF : “Philosophie des réseaux” de Daniel Parrochia. Ce dernier explique dans son introduction :

“Aujourd’hui, comme hier, on trouve davantage l’homme à l’extérieur de lui-même qu’en lui-même. La conscience est un grand vent et “l’intériorité” surtout un mythe : Platon, déjà, considérait la cité pour atteindre l’âme. Et c’est dans l’oeil d’Alcibiade que Socrate se voyait lui-même. Aussi bien les réseaux sont-ils désormais notre nouveau miroir.

Voilà une introduction possible au projet que je propose : dessiner le réseau d’une présence temporaire, et ce faisant, trouver le prétexte pour reconnaître la qualité transitoire, inachevée et éphémère de cette tentative, et certainement sa beauté.

Chaque portrait|paysage correspondra donc à un projet distinct, développé selon des réseaux ou graphes et formalisés selon chaque rencontre ou individu, à partir de leur rapport à l’espace, soit cet “extérieur” évoqué par Daniel Parrochia.

Les réalisations, comme mentionné lors du post précédent, impliqueront une publication, et si possible ou si nécessaire, d’autres moments documentés et exposés.

VOUS ÊTES LE PAYSAGE ! | Le retour au langage

Pour des raisons qui ne seront pas précisées ici, le projet Portrait|Paysage AY a connu de nombreux bouleversements depuis les étapes décrites ci-dessous. Un temps viendra certainement où je reviendrai sur l’évolution du projet de juillet 2014 à novembre 2016. Ce blog, qui devait initialement reprendre la chronologie de cette évolution, débordera finalement de sa mission initiale pour devenir la plateforme du projet Vous êtes le paysage ! dans son ensemble.

J’interromps donc ici la description du P|P AY pour marquer ce tournant dans mon approche des portraits|paysages.

La tentative initiale supposait un dégagement du langage. L’expérience a fait que je ne crois plus en cette possibilité dans le cadre de ce projet. La poétique à l’oeuvre pour la réalisation d’un portrait\paysage ne peut se dégager d’une forme littéraire. Non pas un genre, ni une forme littéraire a priori, mais la production d’une forme exclusive, adaptée à chaque situation, soit chaque portrait\paysage. Ma référence principale demeure My Creative Method de Francis Ponge, et le champ de bataille – ou à récolter, du Parti Pris des choses.
Il ne s’agit en aucune façon d’un renoncement, mais plutôt d’une authentique résolution. C’est la couverture d’un petit livre de Sophie Riestelhueber, portant un extrait du Tristram de Laurence Sterne qui a été le déclic : la définition – ou l’impossibilité de définir – une forme littéraire associée à un sujet complexe (à la fois portrait et paysage) sera le socle de chaque projet.

Chaque portrait|paysage fera l’objet d’une publication.

Un travail plastique, déclinaison de ce travail initial et autonome en soi, libre de tout cadre linguistique sans en exclure par principe, sera possible avant, pendant et après chaque portrait\paysage.

Un texte est en préparation qui dira mieux qu’ici les intentions et les ambitions du projet. Le blog sera écrit en français, et si le temps le permet en anglais. Le travail plastique (dessins, installations etc.) sera mentionné mais développé sur le site carrascojulien.wordress.com.

AY 11: Polarized / Polarisation

Being related to caves and clouds at the same time suggest a strong opposition in terms of space and presence. My perception of AY oscillates between the incapacity to expand in a homogeneous space and the dynamics of a regular metamorphosis. The oxymoron of AY’s presence relies in the movement between the upper pole, vaporous and undefined, and the limits of the lower pole, closed on itself. The oxymoron produces the energy of the presence, which could be described at first as a path or a tension.

As my intentions were not to define this tension, which would have led to deeper psychological analysis, I focused on the potential movement one could imagine from such two different poles. I wanted to resolve the tensions into a form, and started producing vortexes and black holes. Tensions became too cosmic. I had Julien Salaud’s work in mind (his “stellar cave”, presented at the Palais de Tokyo in 2012), but it was opening the cave to other dimensions (cosmos, art history, paleo-futurism or else) when I was looking for a way to resolve the tension between the cave and the clouds.

It took me a few drawings to eventually let a convincing shape appear. Two vortexes turn towards each other in a vertical way and here was an obvious object: the hourglass!

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AY 9: Les initiales renversées / Initials upside down

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Not a wanderer’s track but an ancient path. Away, where sky closes and earth opens. Here, where water becomes fire.

*

Aux yeux inverses, les pôles miroitent et s’abîment initiant les flux du sol et du ciel. Une planète peut-être.